Programmes de recherche

Projet Ti Num 

Une étude des pratiques sur la sécurité des mots de passe par l’approche ludique du storytelling chez les enfants du cycle 3 en contexte guadeloupéen

Porteur du projet : Lamprini CHARTOFYLAKA 

Conseiller scientifique : Antoine DELCROIX 

Présentation: Cette étude, financée par le Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) « Jeu et Sociétés », est motivée par les résultats prometteurs d’une étude antérieure de Chartofylaka & Delcroix (2018) sur l’appropriation des enjeux de la sécurité informatique chez les jeunes enfants. Dans une période façonnée par de nombreuses innovations pour les enfants et par leur accès quotidien aux appareils et ressources numériques, il apparaît pertinent de se pencher sur les enjeux cachés de ses usages et de mener des actions pour rendre les enfants plus responsables, en particulier en favorisant leur apprentissage sur la sécurité informatique. En prenant l’exemple du choix d’un mot de passe fort, notre projet s’inscrit dans cette lignée, en permettant de sensibiliser et d’enseigner les bases de la sécurité informatique, aux élèves du cycle 3 dans l’archipel de la Guadeloupe.

Ce projet tente de renouveler les approches pédagogiques sur l’apprentissage de la sécurité informatique chez l’enfant, en proposant une activité ludique. Les recherches existantes focalisent sur leurs connaissances autour les protocoles et les techniques d’authentification (Assal et al., 2016; Cole et al., 2017; Oliemat et al., 2018) ou l’inclusion d’information personnelles dans un mot de passe qui facilitent leur mémorisation (Maqsood et al., 2018). Notre projet propose une pédagogie progressive d’apprentissage des règles relatives à la création d’un mot de passe et à leur application dans un contexte réel. Notre volonté est aussi de développer ce projet dans une région d’Outre-mer, la Guadeloupe, où les fragilités à l’égard du numérique sont peut-être plus sensibles que dans le reste du territoire national, mais aussi où le numérique représente un enjeu considérable de réduction des fractures éducatives, sociales et économiques. 

Financement: Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) « Jeu et Sociétés » (Université de Paris, Université Sorbonne Paris Nord, Université Paris Nanterre, Sorbonne Université) à hauteur de 2.000 euros. 


Projet FÉCOM

Formation et Enseignement en temps de COVID-19 dans l’Outre-Mer

Pierre-Olivier Weiss

Résumé : Cette recherche, financée par le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et se rattachant aux activités de l’Observatoire Caribéen du Climat Scolaire, porte sur le vécu, les perceptions et les attitudes en contexte de confinement tout d’abord des étudiant·e·s de l’outre-mer (avec un focus sur les fonctionnaires stagiaires de l’Éducation nationale française[1] qui suivent une formation initiale de niveau Master en alternance) puis des enseignants du primaire et du secondaire. En ce sens, plusieurs enquêtes par questionnaire en ligne ont été réalisées pendant le confinement (mars, avril et mai 2020) dans quatre territoires ultrapériphériques de l’État français : Guadeloupe, Martinique, Nouvelle-Calédonie et Polynésie française.

La crise globale qui est intervenue par effet de la pandémie de COVID-19 a contribué à accélérer le débat sur le futur de l’éducation. Si, d’un côté, la réponse qui a été proposée par la plupart des gouvernements de la planète a été celle de privilégier le « tout numérique », d’un autre côté l’accueil qui lui a été donné par les usager·e·s (étudiant·e·s et enseignant·e·s) a été moins enthousiaste. La formation à distance, surtout sur le long terme, montre toutes ses limites quand elle devient obligatoire, sans qu’elle ait été adaptée aux exigences des usager·e·s, de l’écosystème d’application et réfléchit en fonction des outils à disposition. Ce constat issu des premiers résultats des recherche que nous avons menées (résultats corroborés par d’autres recherches en France et à l’étranger) nous invite à réfléchir autour des fragilités de certains contextes marginalisés ou périphériques, comme c’est le cas des territoires d’outre-mer : des anciennes colonies de l’Empire français qui ont été intégrées plutôt récemment (à partir de la fin de la Deuxième Guerre mondiale) à la République française et qui souffrent encore aujourd’hui des effets de leur éloignement – géographique et idéologique – par rapport aux centres de décision en charge de la définition des politiques publiques (la plupart du temps situés dans la « métropole »).

Les résultats de notre étude permettraient également de repenser le plan d’action mis en œuvre par le gouvernement français (parfois basé sur une organisation centraliste et des solutions inadaptées aux spécificités locales de ces territoires ultramarins) et les outils à disposition afin d’abaisser la charge de travail et le niveau de stress des étudiant·e·s et enseignant·e·s de l’outre-mer. En effet, on voit bien que le numérique permet effectivement de limiter certaines contraintes qui pèsent sur les apprentissages (notamment grâce à la possibilité d’accéder à certaines informations d’où on veut, quand on veut), mais on ne peut pas oublier que les TICE ne sont que des outils et jamais des solutions. Ainsi, elles n’économisent ni le travail des personnels éducatifs ni celui des étudiants. Pour qu’un dispositif de continuité pédagogique puisse vraiment fonctionner, il est donc souhaitable d’identifier en amont les leviers (outil, formation, prédisposition des personnels et des étudiant·e·s, matériel disponible, etc.) sans lesquels toute interaction pédagogique à distance risque d’être fort inefficace et accroitre l’iniquité entre les étudiants.

Mots-clés : Continuité pédagogique, formation des enseignants, étudiant, fracture numérique, confinement, COVID-19, France d’outre-mer, pédagogie, apprentissage à l’âge adulte, Caraïbe, Antilles.

Pilotage du projet : Pierre-Olivier Weiss (CREEF, Université des Antilles ; LAMES, Aix-Marseille Université).

Personnes impliquées : Maurizio Alì (CRREF, Université des Antilles), Cédric Ramassamy (LAMIA, Université des Antilles), Séverine Ferrière (LIRE, Université de la Nouvelle-Calédonie), Rodica Ailincai (EASTCO, CRREF, Université de la Polynésie Française, Université des Antilles), Céline Guilmois, (CRREF, Université des Antilles), Frédéric Anciaux (CRREF, Université des Antilles), Olivier-Serge Candau (CRREF, Université des Antilles).

Financement : Dotation financière octroyé par le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Comité analyse, recherche et expertise – CARE) à hauteur de 15.000 euros.


[1] La France dispose d’un important réseau de formation des futurs enseignants, composé de 30 établissements, dont huit en territoire ultramarin : cinq INSPÉ (dans les départements de Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion et Mayotte), deux ESPÉ (dans les collectivités de Nouvelle-Calédonie et Polynésie française) et un Institut de Formation des Maîtres (en Nouvelle-Calédonie, consacré à la formation des futurs enseignants des écoles primaires), qui regroupent, au total, un peu moins de 4.000 étudiants.