Séminaires mensuels du CRREF

Chaque mois, le CRREF organise des séminaires afin de permettre à des chercheurs de présenter leurs travaux. Ces séminaires sont ouverts au public et ils se déroulent en général dans les locaux de l’ESPE de l’académie de Guadeloupe dans les salles du Bâtiment E ou dans l’amphithéâtre.


Séminaires de 2018-2019

Prochain séminaire

Séminaire N°1 :

Le lundi 22 octobre 2018 de 17h à 19h à l’amphithéâtre de l’ESPE de Guadeloupe

« La médiation scolaire, proposition d’une modélisation du concept. Le cas de la minorité ROM en Europe »

Mme Aurora Ailincai

Docteur en sciences de l’Éducation

 

Résumé : Nous nous proposons, dans un premier temps, de faire une brève présentation du concept de médiation dans sa dimension historique et sa déclinaison selon les contextes. Dans un second temps, nous allons nous intéresser au concept de médiation scolaire en s’appuyant sur une étude de cas, la minorité rom en Europe. Pour finir, nous allons présenter une modélisation de ces concepts – médiation, médiation scolaire et médiation scolaire rom – en s’appuyant, d’une part, sur les cadres théoriques y référant et, d’autre part, sur une étude empirique menée dans la cadre d’une thèse doctorale. En termes de méthode, pour placer la médiation scolaire pour les Roms dans le cadre plus large du métier de médiateur, nous avons conduit une recherche de terrain auprès des médiateurs scolaires, directeurs d’écoles et parents des enfants qui bénéficient du soutien du médiateur scolaire. Nous nous sommes appuyés sur le modèle écologique de Bronfenbrenner qui nous a servi à la fois de cadre analytique et de socle théorique et a été utilisé dans le but de structurer les facteurs expliquant les différences et les similarités avec d’autres types de médiation. Les attributs individuels et les particularités environnementales (le microsystème) auraient le pouvoir d’influencer les résultats du travail du médiateur et d’activer ou de freiner une transformation relationnelle et situationnelle là où la médiation a lieu – les réponses aux questionnaires, les entretiens et les analyses des rapports d’activités des médiateurs témoignent de cette complexité. La modélisation proposée a été construite à partir d’un cadre d’analyse original, autour de la notion de « médiation pendulaire adaptative », qui s’explique à travers les mouvements internes et externes du médiateur selon les interactions qu’il a avec les acteurs de son environnement.

 


Séminaires de 2017-2018

Prochain séminaire

Séminaire N°3 : Le mercredi 7 mars  2018 de 16h30 à 18h00

« Analyse de l’activité collaborative, épistémique et instrumentée : panorama de recherches »

Françoise Détienne et Michael Baker

Directeurs de recherche au C.N.R.S.

 

Résumé : Nous présenterons un ensemble de recherches réalisées au sein du groupe psychologie ergonomique du département SES de Telecom ParisTech, sur l’analyse de l’activité collaborative, épistémique et instrumentée. Il s’agit d’analyser des situations qui impliquent des processus de co-élaboration de connaissances nouvelles, concrétisées sous la forme de « knowledge objects » (designs, textes, objets innovants, …), souvent grâce aux outils Internet, dans le cadre du travail et des institutions de formation. L’activité collaborative — la dynamique interactive, les formes de participation — est appréhendée dans ses différentes dimensions (cognitive-linguistique, affective, interculturelle, …). Les quatre recherches suivantes seront discutées : (1) l’analyse et l’évaluation de la qualité de la collaboration ; (2) l’analyse des rôles interactifs dans les discussions sous-jacentes à l’écriture d’articles Wikipédia ; (3) l’analyse du rôle de l’argumentation dans la créativité collective ; et (4) l’analyse de la circulation interactive de l’affect. En guise de conclusion, après avoir présenté nos perspectives de recherche, nous discuterons dans ce cadre d’un projet ANR franco-québécois en cours (TEEC).


Séminaire N°2 : Le jeudi 15 février  2018 de 16h30 à 18h00

« Enseignement spécialisé : des pratiques professionnelles soumises à des contraintes et libertés peu explicites »

Greta Pelgrims

Professeur associé à l’Université de Genève

 

Résumé : Les systèmes scolaires ont en commun d’assigner à l’enseignant spécialisé la fonction d’enseigner des savoirs désignés à des élèves déclarés par l’institution comme présentant des besoins éducatifs particuliers en raison, notamment, d’une difficulté, d’un trouble, d’une déficience. Avec les politiques scolaires préconisant l’école inclusive, c’est aussi à l’enseignant spécialisé que revient la fonction de soutenir l’intégration d’élèves en classe ordinaire. Car les discours admettent trop communément que l’expertise principale de l’enseignant spécialisé réside dans la prise en charge individualisée d’un élève et de ses difficultés, et dans la mise en place de conditions d’accessibilité spécifiquement propices à ses apprentissages scolaires. Pourtant, un ensemble d’observations et de narrations de pratiques d’enseignement spécialisé montrent combien l’activité en classe peut s’écarter des intentions didactiques et pédagogiques des enseignants spécialisés. Partant d’une approche consistant à comprendre l’activité des enseignants au regard du contexte et des situations dans lesquels elle se déploie, cette conférence contribuera à souligner combien les conditions d’exercice de la profession au fil du quotidien sont caractérisées par des contraintes et des libertés d’action bien particulières, qui concernent peu la « difficulté » de l’élève, et qui sont insuffisamment explicitées et considérées. Ces contraintes tout comme ces libertés se traduisent par des dilemmes professionnels et peuvent affecter la mise en place, pour les enfants et adolescents déclarés à besoins éducatifs particuliers, de conditions d’accessibilité au rôle d’élève et aux savoirs.


Séminaire N°1 : Le jeudi 30 novembre 2017 de 16h30 à 18h00

« Le numérique en situation éducative : regards sur la pluralité des usages pédagogiques »

Alain Stockless
Professeur au département de didactique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM)

 

Résumé : Les usages du numérique en éducation sont parfois vus comme un objet innovant, comme un incubateur de changement, comme un instrument de transformation ou même de disruption. Mais qu’en est-il exactement? La transversalité du numérique entraine des usages polysémiques et complexes qui donnent lieu également à des représentations variées. Au-delà des possibilités et du potentiel du numérique en situation éducative, nous nous sommes intéressés aux compétences numériques des enseignants et des usages pédagogiques qui en découlent. Cette présentation vise à mettre en perspective cinq années de recherche sur le développement des compétences numériques chez les enseignants quant aux usages pédagogiques effectifs avec le numérique et à la mise en œuvre de projets pédagogiques. Hormis les compétences numériques de base qui sont essentielles (Enochsson et Rizza, 2009), la question d’une transférabilité pérenne demeure un défi pour les enseignants (Koehler et Mishra, 2009).


Anciens Séminaires de 2016-2017

Séminaire N°8 : Le jeudi 04 mai 2017 de 16h30 à 18h00

« La place de la personne dans l’apprendre »

André Giordan
Professeur à l’Université de Genève

Résumé : La personne qu’est l’élève est toujours un tabou à l’école. Certes le dernier socle de connaissances, de compétences et de culture l’évoque. Toutefois, toujours centrée sur les connaissances, l’institution scolaire suppose que le développement de l’individu est une retombée automatique de l’enseignement. Pourtant le véritable moteur de l’apprendre vient de l’intérieur de chaque élève : curiosité, désir d’apprendre, motivation, confiance en soi et estime de soi s’avèrent incontournables. Comment repérer ces paramètres ? Surtout comment les travailler en classe ? Comment les prendre en compte en formation ?


Séminaire N°7 : Le jeudi 06 avril 2017 de 16h30 à 18h00

« Didactique, genre et non verbal »

Martine Vinson
Docteur en Sciences de l’éducation

Résumé : Ce travail s’articule autour de deux temps. Le premier s’inscrit dans la perspective de la co-construction du genre au fil des interactions didactiques, selon une approche ascendante des phénomènes transpositifs, seule à même à rendre intelligibles les manières dont, de façon ténue, se structurent les inégalités en classe d’éducation physique. Cette recherche a initié un désir de participer à l’évolution des représentations selon et à propos du genre en allant jusqu’à la mise en évidence d’un impensable du genre. Puis un deuxième temps qui propose deux perspectives de recherche que je mène actuellement : des pistes en didactique comparée qui étudie les dimensions génériques et spécifiques de l’enseignement et de l’apprentissage de deux activités physiques, le badminton et la gymnastique, à partir de pratiques déterminées par des enjeux de savoirs et la question du « positionnement de genre ». Ce concept rend compte des dynamiques singulières des élèves de sexes différents dans l’action didactique conjointe.


Séminaire N°6 : Le jeudi 30 mars 2017 de 16h30 à 18h00

« La résilience dans le domaine éducatif et scolaire »

Claire-Emannuelle Laguerre

Enseignante-chercheure associée en psychologie clinique et psychopathologie

Résumé : Après avoir mené une étude mettant en évidence que l’attitude des parents ainsi que les habitudes familiales jouaient un rôle dans la survenue d’une consommation de cannabis et entravaient l’acquisition de l’autonomie de l’adolescent, la question sur le fait que d’autres adolescents n’usaient pas de substances s’est posée. Le concept de la résilience a semblé alors le plus pertinent pour apporter un éclairage sur les capacités d’un individu à faire face aux carences parentales. Dans cette perspective, des analyses, à la fois de l’aspect motivationnel de l’individu de l’aspect relatif au capital humain et au capital social ont été menées. Elles ont permis d’éclairer les processus permettant à un individu de modifier son comportement en redéfinissant ses propres schémas affectifs et cognitifs. Aujourd’hui, nous savons que ces mêmes mécanismes peuvent être initiés par des étais extra-familiaux. Bien que les premiers tuteurs de résilience se trouvent au sein de la famille, nombre d’individus deviennent des tuteurs sans s’en rendre compte, ignorant le rôle fondamental qu’ils jouent dans la trajectoire de vie de l’individu en souffrance. C’est ainsi que les enseignants ou les éducateurs peuvent constituer des pôles d’étayage en aidant l’enfant à surmonter ses difficultés soit directement en l’encourageant, soit de manière symbolique en tant que support identificatoire. Certains travaux sur la résilience ont montré que le milieu scolaire ainsi que l’insertion sociale étaient des éléments de réussite dans le dépassement de l’adversité. C’est ainsi que, malgré des conditions de vie aversives, certains enfants se développent grâce leur investissement scolaire. Sans transposer les tâches et missions de l’enseignant qui restent éducatives et non thérapeutiques, l’objectif de cette présentation est de mieux comprendre le concept de résilience afin d’envisager un dispositif de recherche en milieu scolaire relatif à la mise en place de programmes d’accompagnement de la résilience à destination des enseignants visant à développer les ressources et les compétences des élèves, à l’instar de ceux existants au Québec.


Séminaire N°5 : Le jeudi 9 mars 2017 de 16h30 à 18h00

« Des idéologies linguistiques aux pratiques en salle de classe. Enseigner en milieu pluriethnique et plurilingue au Québec »

Françoise Armand

Professeure de didactique, Université de Montréal

Résumé : Dans le cadre de cette communication nous présenterons un cadre conceptuel qui permet de situer quatre types d’idéologies linguistiques (du multilinguisme ségrégationniste… au plurilinguisme) autour d’un noyau central, l’ethnocentrisme linguistique. Nous préciserons ensuite comment chacune de ces idéologies oriente les systèmes éducatifs, les politiques linguistiques scolaires et les pratiques de classe. Nous exposerons enfin des exemples de pratiques novatrices, mises en œuvre dans les écoles francophones québécoises et visant l’enseignement de l’oral, de la lecture et de l’écriture en milieu pluriethnique et plurilingue.


Séminaire N°4 : Le jeudi 16 février 2017 de 16h30 à 18h00

« Les littératures africaine et caribéenne dans la pratique pédagogique : pourquoi et comment ? »

Ena Eluther

Docteure en Lettres, Professeure certifiée de créole

Résumé : L’école en Guadeloupe, comme dans d’autres territoires anciennement et nouvellement colonisés, est une pâle copie de l’enseignement dispensé en France. En ce sens est-elle vecteur d’acculturation, marginalisant sans cesse la vision du monde de l’apprenant guadeloupéen. Les combats et les tentatives d’adaptation de l’enseignement à la réalité locale n’effacent pas le statut marginal de la culture et de l’expérience guadeloupéennes dans les apprentissages. Pourquoi et comment les littératures africaines et caribéennes placées au cœur de l’enseignement – des disciplines littéraires tout au moins – pourraient combattre cette marginalisation du sujet guadeloupéen ? Comment allier contraintes du programme officiel français et adaptations à la réalité guadeloupéenne et caribéenne ? Comment l’apprenant guadeloupéen reçoit-il ce changement d’angle de vue ?


Séminaire N°3 : Le jeudi 12 janvier 2017 de 16h30 à 18h00

« Hip-hop, africanité, créolité : les représentations identitaires multiples des jeunes Guadeloupéens de Pointe-à-Pitre »

Charlotte Guerlotté

Master en anthropologie Université de Montréal

Résumé : La Guadeloupe s’est construite avec la colonisation européenne à partir de la traite négrière, aux dépens de populations africaines en très grand nombre, et de multiples vagues de travailleurs migrants (Indiens, Syriens, etc.) ainsi que par l’extermination des premiers habitants de l’île. Si ces éléments historiques sont majoritairement acceptés, les conceptualisations des dynamiques identitaires et ethniques de la population guadeloupéenne sont quant à elles très polémiques. Certains auteurs conçoivent cette population comme une construction identitaire mixte, la créolisation, en rupture avec « l’ancien monde » (Glissant, 1997, Bonniol, 2006, etc.), tandis que d’autres la conceptualisent par une notion plus essentialiste, l’afrocentricité, en continuité avec l’Afrique, où l’aliénation des anciens empires coloniaux est dénoncée (Asante, 2007 ; Mazama, 1997). Aujourd’hui, dans un contexte de globalisation, la question que nous nous sommes posée dans le cadre de notre Master à l’Université de Montréal, est de savoir comment les jeunes Guadeloupéens urbains se représentent-ils leurs identités : participent-ils à ce débat idéologique et identitaire ? L’étude analyse treize entretiens semi-dirigés de jeunes d’une vingtaine d’années, résidant à Pointe-à-Pitre et ses périphéries urbaines et majoritairement issus de la culture hip-hop, ainsi qu’une série d’observations participantes réalisées dans les studios d’enregistrement de certains répondants (juin-août 2014). À travers leurs discours, l’ethnicité guadeloupéenne est représentée de manière extrêmement diversifiée. Leurs représentations ethniques varient entre une vision pluriethnique et parfois mixte, à une vision d’ascendance africaine. Certains jeunes mettent en avant leur africanité et d’autres s’en éloignent en s’identifiant à des ancêtres esclaves ou à une mixité ethnique. Toutefois, les représentations créoles ou afrocentriques, à proprement parler, sont rares. La culture hip-hop a également une place importante dans leurs représentations identitaires. Finalement, il n’est pas possible de faire ressortir une tendance générale de la représentation ethnique et identitaire guadeloupéenne dans leurs discours. Cette étude démontre l’intérêt de mettre en valeur la diversité des représentations identitaires et l’importance de considérer les discours identitaires individuels plutôt que collectifs. La rareté des identifications afrocentriques ou créoles dans le discours de ces jeunes peut être expliquée, en partie, par le manque de considération, de ces notions, de la diversité ethnique et identitaire à l’échelle individuelle.


Séminaire N°2 : Le jeudi 15 décembre 2016 de 16h30 à 18h00

« Le FLI en Guadeloupe : enjeux, réalités et perspectives didactiques en contexte »

Frédéric Beaubrun

Doctorant à l’Université des Antilles, CRREF

Résumé : Depuis 2011, la loi française a renforcé sa politique linguistique par la mise en place du français langue d’intégration (désormais FLI). Ce dispositif qui complète le précédent français langue étrangère (désormais FLE) y a ajouté un important volet relatif aux valeurs de la République. Il s’adresse aux migrants dans le cadre de l’obtention de leur titre de séjour et concerne les individus nécessitant un renforcement d’apprentissage de la langue française identifiés par l’office français de l’immigration et de l’intégration (désormais OFII). L’organisation et la mise en œuvre des séances d’enseignement du  FLI sont confiées à un organisme privé habilité par le centre international d’études pédagogiques (désormais CIEP) qui soutien et contrôle ses activités. Ce séminaire présente les résultats d’une expérimentation pédagogique qui se situe en marge du système habituel FLI lors d’une formation intitulée  «  Parle-moi de toi, des contes créoles aux fables de La Fontaine ». Elle a duré six mois de juillet à décembre 2016 avec un public volontaire de quinze apprenants migrants caribéens. La méthodologie utilisée pour réaliser cette note croise l’analyse de fiches pédagogiques des enseignants, de productions des apprenants, de traces laissées au tableau et de retranscriptions d’interactions. Les séances sont présentées sous l’appellation voisine de français langue de régulation (désormais FLR). Leur dynamique obéit à une méthode qui vise à réguler le déjà-là linguistique et culturel des apprenants. Dans cette présentation, nous cherchons à comprendre en quoi une posture de formateur à l’écoute de la biographie des apprenants permet d’identifier des habiletés et des compétences langagières particulières déjà incorporées dans le déclaratif. Nous observons notamment les séances d’évocation par les apprenants d’épisodes de leur histoire de vie liés à leur statut de migrants. Des pistes de réflexion didactique prenant en compte les idiosyncrasies et la réassurance des apprenants sont ensuite discutées.


Séminaire N°1 : Le jeudi 8 décembre 2017 de 16h30 à 18h00

« Le projet PROFECIA : programme de formation ouverte, mutualisée et en ligne en écotoxicologie aquatique »

Lise Parent

Professeur de sciences à l’Université Téluq, Québec

Résumé : Le réseau international de recherche EcoBIM a été initié en 2001 par des chercheurs québécois et français qui partageaient des projets de recherche en écotoxicologique aquatique. Alors que quelques chercheurs de plusieurs pays d’Europe, d’Afrique et des Amériques participaient aux rencontres annuelles, il est apparu important de mettre en commun leurs enseignements pour favoriser le transfert international des connaissances, harmoniser les approches et méthodes, valoriser les résultats de leurs recherches et suppléer à des enseignements parfois absents. Il a été proposé de créer un programme deformation qui comprendrait des modules crédités constitués de ressources numériques pédagogiques offertes en ligne, ainsi que des ateliers méthodologiques d’harmonisation offerts en présentiel lors de des réunions annuelles d’ÉcoBim. Ce programme de formation qui serait offert au niveau master, maîtrise, doctorat, et en formations initiale ou continue constituerait le Faire-Savoir du Savoir-Faire scientifique des chercheurs d’ÉcoBIM. Le présent projet de partenariat stratégique en matière d’enseignement vise la conception d’outils éducatifs en écotoxicologie aquatique. Le projet, ses objectifs et sa mise en œuvre seront présentés. Les difficultés liées au contexte de la recherche et de l’enseignement seront discutées.


Anciens Séminaires de 2015-2016

Séminaire N°10 : Le jeudi 23 juin 2016 de 16h30 à 18h00

« Pour une approche sociolinguistique de Saint-Martin : enjeux et perspectives »

Robert ROMNEY
Inspecteur Académique et Régional honoraire d’anglais

Résumé : La société saint-martinoise s’est construite au regard d’un flux de migrations permanentes. L’émigration au même titre que l’immigration constituent le socle même d’un parler vernaculaire particulièrement plastique qui emprunte autant à l’espagnol, au papamientu, qu’à l’ensemble des variétés de créole français attestables dans le territoire. Le parler saint-martinois ou Creole English, gagnerait non seulement à être reconnu autant que les autres variétés de créole (guadeloupéen et martiniquais), qu’à être enseigné dès le cycle 1 pour renforcer notamment les apprentissages de la langue principale d’enseignement, le français.


Séminaire N°9 : Le jeudi 19 mai 2016 de 16h30 à 18h00

« Bâtir le langage »

Alain DORVILLE
Docteur en psychologie

Résumé : Face à la réalité sociolinguistique diversifiée des classes, la stratégie d’enseignement du français adoptée par l’école aboutit à l’installation et à la perpétuation des difficultés d’apprentissage. Le dispositif « Bâtir le langage », conçu par A. Dorville, J. La Plaine et M.-C. Tondu propose des orientations innovantes à l’attention des chercheurs en psychologie du langage et en didactique du français, des formateurs et conseillers pédagogiques, des enseignants de la maternelle et du primaire. L’association « Ti Filawo expérimente ces orientations pédagogiques dans un centre d’accueil d’enfants d’âge préscolaire. Le centre « Lakou Tifilawo » expérimente des pratiques alternatives pour l’école en Guadeloupe. Il s’agit, dans ce projet, de mettre à l’épreuve l’efficacité d’une approche constructive des savoir-faire communicatifs et langagiers, qui articule la diversité des pratiques langagières familiales avec la maîtrise du français standard, socle de la réussite scolaire. Ce séminaire sera l’occasion de découvrir et de discuter les choix théoriques et méthodologiques qui fondent cette nouvelle approche.


Séminaire N°8 : Le jeudi 28 avril 2016 de 16h30 à 18h00

« Interlecte et pédagogie de la variation »

Lambert-Félix PRUDENT
Professeur en Sciences du langage, Université des Antilles

Résumé : Les travaux de L.-F. Prudent, orientés sur les productions textuelles autant que didactiques et pédagogiques en Caraïbe, sont l’occasion incontestée de réfléchir au contact linguistique et à la genèse des langues créoles, au miroir des pratiques vernaculaires. Alors que le concept de déviance maximale proposé par Bernabé dans les années 70, soucieux de construire les normes d’un créole, trop longtemps déprécié, au détriment d’une description raisonnée des pratiques avérées, fait débat, l’auteur fait émerger le paradigme de l’interlecte, susceptible de rendre compte des pratiques discursives mouvantes des locuteurs d’outre-mer. Fort de ce constat, l’auteur propose ici d’exposer les implications didactiques et pédagogiques d’une étude des lectes en continuum par une pédagogie de la variation, capable de faire résonner les langues en contact dans un répertoire linguistique pluriel.


Séminaire N°7 : le jeudi 17 mars 2016 de 16h30 à 18h (ESPE, amphithéâtre)

« Analyse interprétative de deux professeurs des écoles en mathématiques et en EPS en classe de CM2 »

M. Christian SILVY, Mme Marie-Paules POGGI et Mme Elisabeth ISSAIEVA

MCF à l’ESPE de Guadeloupe, Université des Antilles, CRREF

Résumé : La communication rend compte de l’activité interprétative de deux professeurs des écoles au cours de séances d’EPS et de mathématiques. La recherche s’inscrit dans le champ des travaux s’intéressant aux processus de contextualisation didactique. Qu’est-ce qui se passe dans la tête des élèves ? Organisation de l’activité interprétative de deux professeurs des écoles de Guadeloupe : entre analyse comparée et contextualisation didactique.


Séminaire N°6 : le jeudi 4 février 2016 de 16h30 à 18h (ESPE, salle E3/E4)

« Les invariants-gènes liés aux concepts scientifiques : un outil pour le « comment transmettre » »

M. Pierre FLEURY

MCF à l’ESPE de Guadeloupe, Université des Antilles, CRREF

Résumé : La formation des enseignants interroge « le comment transmettre ». L’enseignement des concepts se pose dans ce cadre comme un défi tant ces objets sont complexes. En sciences physiques, les concepts semblent être adossés à des invariants-gènes spécifiques. Une première catégorisation de ces objets dans cette discipline est suggérée : invariant-gène, par transformation-conservation, par équilibre, par collection. Nous inférons que l’apprentissage des concepts en sciences physiques en est facilité si la scénarisation proposée favorise l’émergence de l’invariant-gène qui leur est associé. Nous questionnons alors l’intérêt que toutes les disciplines auraient à considérer leurs propres invariants- gènes dans une perspective didactique susceptible de rendre les concepts plus accessibles aux élèves. Le propos tenu sera articulé autour :

  • de la genèse des invariants-gènes qui prend sa source chez les invariants-opératoires de Vergnaud (1985) – la catégorisation des invariants-gènes en sciences physiques sera illustrée ;

  • de quelques cas concrets qui ont pu mette en évidence chez les élèves que les constructions des concepts et invariants-gènes associés semblent très intimes ;
  • d’une tentative d’ouverture de la catégorisation suggérée des invariants-gènes à de nombreuses disciplines.


Séminaire N°5 : le jeudi 28 janvier 2016 de 16h30 à 18h (ESPE, salle E3/E4)

« Les enseignants du primaire face à la pratique du redoublement : étude de leurs conceptions psychopédagogiques et de leur connaissance des recherches »

Mme Elisabeth ISSAIEVA MOUBARA-NAHRA

MCF à l’ESPE de Guadeloupe, Université des Antilles, CRREF

Résumé : Dans de nombreux pays, en particulier, dans les pays francophones, mais aussi dans ceux du Sud de l’Europe (Eurydice, 2011) et en Amérique latine (Labé, Motivans, Truong & Vasconcellos, 2012), la pratique du redoublement reste largement présente, bien que de nombreuses études concluent à son inefficacité, voire à ses effets négatifs (Crahay, 2005, 2007). Pour certains chercheurs (Draelants, 2009), « l’attachement » à cette pratique s’explique par l’ancrage fort d’une conception traditionnelle de l’école et la mise en avant des fonctions latentes du redoublement (gestion de situations problématiques et de l’hétérogénéité des élèves). Dans cette perspective, la pratique du redoublement serait compatible avec une série de raisonnements et de perceptions relatives aux élèves, à leurs capacités et façon d’apprendre. Pour vérifier cette hypothèse, la présente recherche a d’abord identifié une série de conceptions psychopédagogiques des enseignants ainsi que leurs croyances à l’égard du redoublement et leur connaissance des recherches à ce sujet. Ensuite, nous avons étudié dans quelle mesure les conceptions psychopédagogiques des enseignants ainsi que leur connaissance des recherches sur le redoublement affectent leurs croyances à ce propos. Deux principaux résultats ressortent des analyses réalisées. D’une part, il apparaît que la connaissance des recherches sur les effets du redoublement influence les croyances des enseignants à propos de cette pratique, les amenant à douter de ses bienfaits ou à en reconnaître les méfaits. D’autre part, contrairement à plusieurs de nos hypothèses opérationnelles, les conceptions des enseignants à propos du redoublement ne sont pas (ou relativement peu) affectées par leurs conceptions en matière d’apprentissage et d’intelligence. Ces résultats seront discutés en relation avec les théories classiques postulant que les croyances et les représentations sociales sont organisées en systèmes ou en réseaux.


Séminaire N°4 : le jeudi 14 janvier 2016 de 16h30 à 18h (ESPE, salle E3/E4)

« La méthode biographique : une réponse aux défis de cohésion sociale et d’éducation plurilingue »

Mme Muriel MOLINIÉ

Professeure des universités à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, DILTEC-Dilfop

Résumé : Revendiquant ses filiations à la fois avec la sociologie clinique (récit de vie/de migration), le courant des histoires de vie en formation et celui de la sociodidactique du plurilinguisme (biographies langagières), la méthode biographique inspire aujourd’hui un ensemble d’éducateurs souhaitant instaurer à l’école et dans la Cité une interculturalité en récits et en actes. Il s’agit, pour cela :

  • de reconnaitre les multiples facettes de notre diversité (le plurilinguisme, le pluriculturalisme de nos sociétés) ;
  • de créer les médiations (inter-générationnelle, inter-disciplinaires, inter-culturelles…) qui seules, permettent de créer du sens et de la reliance.

L’exposé sera largement illustré par des expériences menées depuis les années 2000 dans le champ de l’éducation, de la formation et de l’intervention psycho-sociale.


Séminaire N°3 : le jeudi 19 novembre 2015 de 16h30 à 18h (ESPE, salle E3/E4)

« Didactique des questions socialement vives »

Mme Laurence SIMMONEAUX

Professeure à l’École Nationale de Formation Agronomique

Résumé : Au cours de ce séminaire, le champ de la didactique des Questions Socialement Vives sera abordé au travers de trois focales :

  • Les Questions Socialement Vives, des questions « réchauffées » ou « refroidies » dans l’enseignement ;
  • Les effets paradoxaux de contextualisations locales sur l’enseignement de Questions Socialement Vives Environnementales ;
  • La mobilisation des Questions Socialement Vives Environnementales à l’école pour favoriser la motivation, l’implication, l’engagement ou l’activisme environnemental.

Séminaire N°2 : le jeudi 5 novembre 2015 de 16h30 à 18h (ESPE, salle E3/E4)

« Au coeur du Péyi Guadeloupe, Enquête sur une identité »

M. Willy MARZE

Journaliste reporter

Résumé : C’est au cours de ses nombreux voyages qu’il développe le goût d’écrire sur ses thèmes de prédilection : développement humain, rapport à l’environnement, traditions culturelles… Inaugurant la tradition du journalisme de récit, W. Marze nous invite à une découverte en immersion de la Guadeloupe au travers des enjeux linguistiques et sociologiques contemporains. C’est en suivant Jojo, tenancière d’un petit lolo sur le port de Sainte-Rose, que le lecteur s’embarque dans ce voyage. À travers elle, nous découvrons les temps forts de la culture guadeloupéenne et son ressenti sur la situation de son île…


Séminaire N°1 : le jeudi 17 octobre 2015 de 16h30 à 18h (ESPE, salle E1)

« (Se) gouverner selon la nature et la vérité. Lire Émile ou de l’éducation de Jean-Jacques Rousseau avec Foucault et Deleuze »

Mme Valérie PÉREZ

PRAG en Philosophie à l’ESPE de la Guadeloupe et doctorante en philosophie

Résumé : Les questions inaugurales qui ont été à l’origine de notre travail de  recherches concernaient la possibilité, pour l’éducation selon la  nature telle que Rousseau la conçoit, d’instaurer les conditions dans  lesquelles l’homme pourrait conquérir sa liberté et s’émanciper. Les  études sur Rousseau sont déjà fort nombreuses. Pourtant, il nous a  semblé que les problèmes que pose Rousseau, en particulier dans  l’Émile, pouvaient recevoir un nouvel éclairage si on les confrontait  à certains concepts fondamentaux de la philosophie française  contemporaine. Les études sur la « gouvernementalité » de Michel  Foucault dans ses cours au Collège de France ainsi que le concept  deleuzien du « devenir » nous ont ainsi de permis de reposer certaines  des grandes questions éducatives de Rousseau et de repenser le rôle de  l’éducation dans les rapports que l’individu peut créer avec le monde,  avec autrui et avec soi-même.

 

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